| Rolling
Stone - Ce projet d'album date en fait d'il y a vingt ans, depuis
la sortie du single "Tour de France" ? |
| Ralf
Hütter - En 1983, nous n'avions pu terminer
que le single et l'album était resté inachevé. Par la suite, nous avons
sorti "Electric Café" en 1987, et nous avons travaillé sur notre apparence
informatisée, tout en développant l'informatisation de nos visuels. Puis
nous nous sommes attelés à la transformation digitale de notre studio. Et
nous avons enfin pu mettre un terme aujourd'hui à ce vieux projet, dont
l'une des idées principales est le dynamisme. |
| Rolling
Stone - Le cycliste reprèsente-t-il l'image idéale de l"homme-machine",
ce concept qui vous guide depuis des années? |
| Ralf
Hütter - Nous pratiquons le cyclisme depuis
longtemps et ce sport représente l'entente parfaite entre l'homme et la
machine. Il y a un parallèle évident entre le cyclisme et la musique, et
en particulier la musique électronique. Dans ce sport, il faut en effet
savoir tenir et gérer son avance, rouler en groupe, rester en équilibre
et en harmonie avec la machine. Autre point commun entre le sport cyclisme
et nos compositions, c'est l'aérodynamisme, à l'image d'une musique qui
roulerait sans effort, suivant une sorte de fluidité idéale et hypnotique. |
| Rolling
Stone - Un dynamisme que l'on retrouve dans le groupe qui semble
au seuil d'une nouvelle carrière... |
| Ralf
Hütter - Nous sommes parvenus à une autonomie
totale. Le cyclisme représente aussi cette idée de l'autonomie de l'homme-machine.
Nous sommes aujourd'hui libres. Il suffit de préparer sa course, prendre
des vitamines, s'alimenter correctement, ne pas oublier les temps de récupération,
afin d'atteindre cette autonomie idéale. Nous sommes prêts à aborder une
nouvelle étape et entamer de nouveaux kilomètres. |
| Rolling
Stone - Souffrez-vous comme les sportifs? |
| Ralf
Hütter - Non, notre nature c'est plutôt le
travail et l'endurance. Il faut trouver un certains aérodynamisme. Etre
en harmonie avec le vent. Trouver un équilibre selon ses possibilités et
ses capacités physiques, selon sa forme, et puis après, ça roule. |
| Rolling
Stone - Vous semblez très liés à la France... |
| Ralf
Hütter - C'est une longue histoire d'amitié.
Le premier concert de Kraftwerk, en dehors de l'Allemagne eut lieu à Paris.
Il y a une affinité élective évidente. Et puis Düsseldorf-Paris, c'est tout
juste quatre heures en voiture... En vélo, c'est beaucoup plus long. Plus
difficile à l'aller car on a le vent de face, mais plus facile au retour
avec le vent dans le dos. |
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| Interview to Jean-Yves Leloup |
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